Menu
Retour
Imprimer cet article
Par ordonnance, Kabila convoque ses “concertations nationales”

28/06/2013

Le président Kabila annonce un dialogue inter-congolais

Le projet du chef de l'Etat est que ces concertations ne durent que quinze jours.

La télévision congolaise a annoncé jeudi soir que le président Joseph Kabila avait signé une ordonnance convoquant des “concertations nationales” pour “renforcer la cohésion nationale constamment menacée”.

Ce forum réunira “toutes les couches socio-politiques de la nation” - y compris l’opposition parlementaire et non parlementaire - selon l’Agence de presse congolaise, qui débattront “en toute liberté et sans contrainte de toutes les voies et moyens susceptibles de consolider la cohésion nationale”.

Cette idée avait été lancée en décembre dernier par le président Kabila, alors affaibli par les élections présidentielle et législative, jugées “non crédibles” par les observateurs nationaux et internationaux, tenues un an plus tôt, et par la chute, en novembre 2012, de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, aux mains des mutins du M23. Ceux-ci s’en étaient retirés sous pression internationale, en échange de négociations à Kampala - qui n’avancent pas.

Durant ces derniers mois, toutefois, de nombreuses voix, au sein de l'opposition notamment, se sont emparés de cette idée dans le but de transformer le sursaut national désiré par M. Kabila contre le M23 en un sursaut national contre la mauvaise gouvernance et les problèmes du pays - comme ce fut le cas de la Conférence nationale (1991-92).

Le projet du chef de l'Etat est que ces concertations ne durent que quinze jours - ce qui paraît peu lorsqu'on connaît la manière dont les débats nationaux se prolongent au Congo (18 mois pour la Conférence nationale). De même, certains observateurs doutent de sa capacité à contrôler l'issue des débats si ceux-ci sont effectivement "libres", alors que, depuis les élections ratées du 28 novembre 2011, le régime applique une forte répression des voix dissidentes, tandis que l'Assemblée nationale apparaît "aux ordres" de la Présidence.

Marie-France Cros