Menu
Retour
Imprimer cet article
L’Etat met l’Etat dans la rue !

10/06/2007

La semaine du 21 au 27 mai qui s’achève a été émaillée, comme
d’habitude,
d’une actualité abondante et variée. Mais, je me limiterai ici à deux
faits
qui n’en font réellement qu’un : il s’agit de la mise à sac de la
Direction des Etudes, Planification et Statistiques du Ministère de l’Agriculture et la saga de la confiscation-restitution des véhicules attribués à ce même ministère.

Il s’agit, je le reconnais d’un choix arbitraire et je le reconnais .
Mais
c’est avant tout un choix délibéré ,au regard du contexte dans lequel
il se
déroule, de l’identité des acteurs et de la connotation politicienne
qu’elle
recèle. Je n‘ose pas parler des conséquences, convaincu a priori qu’il
n ‘y
en en aura pas.

Mais de quoi s’agit-il ?

Faits

Mardi le 22 mai 2007, le ministre de la Justice adresse au ministre
d’Etat en charge de l’Agriculture, une correspondance dans laquelle il
l’informe de l’exécution forcée d’un jugement rendu par une juridiction de la place,
ordonnant d’un côté la restitution à la famille Mampa d’une parcelle
illégalement occupée par l’Etat congolais à travers le ministère de
l’Agriculture et, de l’autre, du déguerpissement tout aussi forcé dudit
ministère de cette parcelle.
La missive est réceptionnée par le directeur de Cabinet du ministre
d’Etat
qui en informe son ministre dès son retour, ce même mardi soir, d’un
voyage.
Le même jour, le ministre d’Etat contacte son collègue de la Justice
pour
protester contre cette décision qu’il juge précipitée. Mais rien n’y
fait.

Mercredi 23 mai. Un véhicule bondé d’agents du Parquet (lequel ?), et
d’agents de l’ordre débarque sur les lieux, aux heures de service.
L’agent
du parquet s’enquiert de la présence du supérieur hiérarchique et de
son
adjoint qui tous les deux, sont absents du bureau. Mais, pendant que
l’agent de sécurité du ministère d’Etat à l’Agriculture accompagne les
officiers du parquet dans les bureaux, les policiers, eux, entreprennent de tout
vider.
Mais, au lieu d’agir dans les règles de l’art, ils opèrent un véritable
saccage des lieux : ordinateurs jetés dehors, disquettes archives,
mobiliers
de bureau éventrés, ou jetés dehors sans ménagement. A la grande
stupéfaction des fonctionnaires et agents dudit ministère qui ne
peuvent
rien faire face à des hordes armées menaçantes.

Bien plus, d’autres archives sont emportées par les agents de l’ordre
ou
supposés tels. Mais vers quelle destination et dans quel but ? Nul ne
le
sait.
Et comme nous sommes au ministère de l’Agriculture où, justement, se
gère la
campagne agricole, les agents se désolent de ce que ces dossiers seront
détruits par une pluie dont ils prédisent l’imminence. Ce qui ne tarde
pas à
se réaliser.

Monsieur Nzanga Mobutu qui se rend le jeudi sur les lieux a failli
pleurer
de rage au vu du capharnaüm rencontré sur le terrain. Il n’a d’autre
mots à
la bouche que « C’est inadmissible…Inadmissible…J’avais demandé au
ministre
de la Justice de surseoir à l’exécution de cette décision jusqu’à ce
qu’un
compromis soit trouvé. Mais c’est inadmissible…Même si cette famille
avait
raison , l’Etat ne peut pas se retrouver comme ça dans la rue. C’est
inadmissible. Je vais en parler avec le Président de la République et
le
Premier Ministre, afin qu’une décision soit prise. Car le conseil des
ministres devait en être saisi avant toute décision d’exécution…Mais il
y a
des coïncidences curieuses : je reviens mardi soir, et mercredi matin
on
saccage le ministère. Il y a des coïncidences curieuses. Le journaliste
de
la chaîne privée MOLIERE TV parvient à arracher de la bouche de Nzanga
: «
L’Etat a mis l’Etat dans la rue. » !

Telle est la reconstitution que j’ai pu faire en suivant cette
diffusion sur
MOLIERE TV.

Dans le même ordre d’idées, certains collaborateurs du ministre d’Etat
et
d’autres fonctionnaires s’expriment au sujet de la gestion par Pierre
LUMBI,
ministre d’Etat en charge des Travaux Publics et Infrastructures, de
l’opération récupération des véhicules volés.

En effet, dans le cadre de l’opération de récupération des véhicules
supposés volés par des ministres (essentiellement MLC) du gouvernement
de
transition, des agents du ministère des TP avaient été dépêchés au
ministère
de l’Agriculture, aux fins de récupérer les véhicules concernés. Mais,
au
lieu des véhicules effectivement volés ( !),ce sont des véhicules
affectés
aux projets et ceux affectés au secrétariat général du ministère de
l’Agriculture qui ont été emportés pour « contrôle de conformité ».Il y
a eu
en tout 20 véhicules emportés.

Mais, curieusement, le ministre d’Etat Lumbi écrira plus tard à son
collègue
Nzanga pour l’informer de ce que, dans le cadre de l’opération de
restitution des véhicules volés, « je vous envoie 12 véhicules (…) ».

sont passés les 8 autres véhicules ? La lettre ne le dit pas expressis
verbis. Et pourquoi le ministre d’Etat Lumbi parle d’envoi de véhicules

où il eut fallu parler de restitution ? Lui seul peut répondre à cette
question pertinente.

Mais que constatent les agents du ministère de l’Agriculture ? Les 12
véhicules sont revenus quasiment cannibalisés : sans clignotants,
cabossés,
phares cassés, tôles froissées, des brisures de casiers de bière
montrant
qu’ils ont servi à transporter des boissons etc.…Observations
---------------------------------

Il est un fait avéré que la morale qui sous-tend la classe politique au
pouvoir est celle de la Rue, celle des voyous. Quoi de plus normal
quand on
sait que celui qui préside aux destinées de ce grand pays est lui-même
issu
de ces milieux-là.

A ma connaissance, il existe une directive du ministre de la Justice
qui
interdit toute exécution forcée de décisions de justice à l’encontre de
l’Etat ou de ses entités, en ce compris les entreprises publiques.
Cette
directive avait été rendue nécessaire à la suite des actes de collusion
constatés entre les juges, les magistrats du parquet et autres
auxiliaires
de justice qui « s’arrangeaient » pour condamner systématiquement
l’Etat ou
ses entités ,pour pouvoir se partager de plantureux dommages-intérêts
complaisamment octroyés aux adversaires de l’Etat et de ses entités
compris
les entreprises publiques .

Revenons au cas qui nous intéresse.

Il est possible que la famille Mampa ait obtenu gain de cause dans
l’affaire
qui l’oppose à l’Etat congolais, au sujet de la parcelle querellée.
Dans
leur relation des faits, ni Nzanga ni les fonctionnaires de son
ministère ne
font allusion à une voie de recours quelconque. Nonobstant cela, quelle
urgence y avait-il à exiger le déguerpissement forcé d’une direction
aussi
stratégique, en mettant ses archives dans la rue ? Pourquoi le ministre
de
la Justice, saisi par son collègue Nzanga n’a t- il pas accordé à
celui-ci
un délai raisonnable pour permettre à ses services de libérer les lieux
querellés, en préservant les archives de la République ? Y avait-il le
feu ?

Et puis, que faisait ce Libanais derrière la famille Mampa ? Ne serait-
ce
pas pour satisfaire aux exigences de celui-ci que la Police et les
agents du
Parquet ont fait du zèle ,en saccageant aussi sauvagement des archives
de la
République ?

Quelle suite Kabila et Gizenga donneront-ils à cette affaire ? Car il
ne
s’agit pas ici de la personne de monsieur Nzanga, fils Mobutu, honni et
détesté par ces deux messieurs. Il s’agit des archives de l’Etat, des
statistiques agricoles ainsi, que des études et des projets qui sont
irrémédiablement perdues des suites de cette destruction méchante. Que
répondront Kabila et Gizenga à USAID qui avait financé les travaux de
ce bâtiment ? Que répondront-ils à la FAO et aux différents bailleurs de
fonds
qui auront besoin des statistiques agricoles ou des études en vue de
financer la relance de l’agriculture ? Comment en est-on arrivé à
saboter
l’un de ces fameux chantiers de l’illustre chef ?

Venons-en au cas des véhicules.

Avait-on besoin de déplacer des véhicules, dûment immatriculés au nom
du
ministère de l’Agriculture, pour aller vérifier la conformité de leur
affectation ? N’est-ce pas une opération qui pouvait se faire in situ,
documents à l’appui ? En déplaçant les véhicules, Lumbi n’avait-il pas
prémédité leur confiscation et leur détournement ?

Selon les informations rendues publiques par les agents du ministère de
l’Agriculture, le véhicule affecté au Service National de Vulgarisation
aurait été attribué à l’Intendant de Pierre Lumbi. Celui utilisé
précédemment par le Service de Production aurait été affecté au
Conseiller
de Lumbi chargé des érosions. Quant à un troisième véhicule, il aurait
été
affecté au directeur de Cabinet adjoint de monsieur Lumbi.
C’est à croire que les trois collaborateurs de Pierre Lumbi sont plus
importants que les services du Ministère de l’Agriculture.

En plein période de campagne agricole, si je vous parle de
planification de
la mort de cet Etat et de ses habitants, il y a des petits malins qui
vont
me réclamer des preuves ou me demander de porter plainte, en me
promettant
leur appui. Mais devant quelle juridiction porter plainte contre une
pieuvre
hideuse et ravageuse dont Kabila n’est que la partie visible ?

Mais il y a plus intéressant : les agents du ministère de l’Agriculture
qui
ne se sont pas empêchés de se défouler devant la caméra de MOLIERE TV,
ont
parlé en des termes crus, sans peur, de la destination prise par 68
tracteurs précédemment détournés par des ministres de la transition et
récupérés par monsieur Lumbi. Un agent a même eu le courage d’accuser:
«
Demandez à Pierre Lumbi où il a mis tous ces tracteurs. Il le sait,
parce
que ça se trouve chez lui ! » Sans commentaire de ma part.


Avis et considérations
--------------------------------------------------------

Je me suis appesanti sur ces deux points focaux de l’actualité
nationale à
dessein, pour faire ressortir les liens qui sous-tendent ces deux faits
apparemment séparés.
En fait, que retenir de ces deux situations ?

Comme monsieur Nzanga - un Mobutu égaré – a feint de s’en rendre compte
seulement maintenant, il s’agit du modus operandi du conglomérat
d’aventuriers que constitue la bande AFDL/CPP/PPRD/AMP.

Monsieur Nzanga en s’alliant avec Kabila, avait prétendu cimenter par
cet
acte, l’unité nationale ! Il avait oublié un fait, que je m’étais
chargé de
lui rappeler en son temps : ces gens avec lesquels tu t’allies
représentent
l’antithèse de ce qui fait la force de ton père : l’UNITE NATIONALE.

Kabila, l’AMP/PPRD/PALU et consorts se moquent éperdument de l’unité
nationale. KABILA ,en effet, n’a pas reçu de ses maîtres la mission de
venir
consolider l’unité nationale du peuple congolais, ce qui, dans son
chef,
équivaudrait à scier l’arbre sur lequel il a assis son pouvoir
kleptomane,
voyou, meurtrier, dictatorial et tyrannique. Et tous les compatriotes
qui
collaborent avec lui ne peuvent pas agir autrement sous peine de perdre
leurs privilèges. N’ont-ils pas choisi leur camp contre celui du peuple
congolais ?

De même, lors de la présentation de son gouvernement devant l’Assemblée
nationale, Antoine Gizenga, qui s’est révélé être un faux lumumbiste
donc un
vrai-faux nationaliste, n’a t- il pas déclaré que son gouvernement
était
composé de ceux et de celles qui avaient battu campagne en faveur de
Kabila,
et qu’il n’y avait pas lieu de parler d’équilibre géopolitique ?

Au nom de cette volonté divisionniste qui consiste à privilégier les
régions
ou les personnes qui ont battu campagne en faveur du fils de Kanambe,
n’est-on pas en mesure de nommer des Comités de Gestion, des Conseils
d’Administration des entreprises et des ambassadeurs composés
uniquement de
ces gens-là ?

Toujours au nom de cette politique divisionniste, ne voit-on pas déjà
les
cinq chantiers en cours au Kivu en en province Orientale et rien dans
la
partie occidentale du pays où Kabila avait mordu la poussière ?

Pourquoi croyez-vous qu’on ait assassiné des centaines de gens dans le
Bas-Congo ? Attendait-on des paroles de compassion de sa part ? Kabila
a
répondu : « Bundu Dia Kongo doit choisir entre la politique et la
religion…J’ai sacrifié ma jeunesse pour ce pays … ») ! Quel culot !

A Kinshasa, entre 200 et 600 morts, sinon davantage, victimes de la
boulimie
du pouvoir, de la rancune tenace, de la soif de sang. Mais on ne
souligne
pas que c’est la soldatesque de Dos Santos et de Kabila qui en est
l’auteur.
Et Kabila de parler des dégâts collatéraux. Qu’est-ce à dire ? Tout
simplement que ces bougres de Kinois, au lieu de voter massivement pour
Kabila, ont choisi de se ranger derrière Bemba. Il fallait les punir et
bonjour les dégâts collatéraux. Passés par pertes et profits .

Pendant que l’Assemblée Provinciale de Kinshasa se trouve dans la rue,
celle
de Bukavu a reçu un premier montant de 50.000 dollars américains
destinés à
son fonctionnement. Vu du Palais de la Nation, Bukavu est certainement
plus
près du Président que Kinshasa. Là aussi, monsieur Kabila se moque
royalement de l’unité nationale .Mais, pourquoi donnerait –il de
l’argent à
des députés du MLC/UN ?

Pour en finir avec ce chapitre , il me semble que ces incidents graves
portent une signature : celle de Kabila lui-même. En effet, en
s’alliant
avec Kabila, Nzanga avait oublié qu’il s’agissait en fait d’une
allégeance
et donc d’une incorporation pure et simple dans l’AFDL/CPP/AMP/PPRD et
non
d’une alliance. Il devait être conséquent avec lui-même et boire la
calice
jusqu’à la lie, c’est-à-dire assister au défilé des vainqueurs de son
père !
En l’ayant oublié, Kabila se fait fort de le lui rappeler, en prenant
prétexte sur une affaire judiciaire. Mais c’est le style de l’homme :
ne
jamais agir à visage découvert .
Je suis en effet de ceux qui croient dur comme fer que le ministre de
la
Justice n’a pas agi de son propre chef. Kabila ou Gizenga, l’un des
deux
chefs de l’exécutif a dû donner son quitus. Mais si tel n’a pas été le
cas,
ce serait encore plus dramatique de constater à quel point ce
gouvernement
ressemble à la Cour du roi Pétaud .

De même, un Pierre Lumbi a un parcours qui ne lui permet pas d’avoir de
l’estime pour un fils Mobutu.
Personnellement, j’ai découvert ce monsieur au STOP (Secrétariat
technique
de l’opposition politique), du temps flamboyant de l’USOR (Union sacrée
de
l’opposition radicale) et Alliés, puis, plus tard, de l’USORAS. Il y a
côtoyé Samba Kaputo, dont il deviendra plus tard le directeur de
Cabinet
lorsque celui-ci sera nommé conseiller spécial en matière de Sécurité
de
Kabila. Un dur parmi les durs du kabilisme, dont le nom revient dans
toutes
les affaires d’assassinats, de pillages , de persécution d’opposants,
d’oppression etc.

Samba siège au Shadow Government (gouvernement fantôme), ce Cabinet
Molili
qui gouverne réellement ce pays vendu. Lumbi donc, en tant que bras
droit de
SAMBA, ne pouvait que se conduire en vagabond à l’endroit de « son
collègue
» Nzanga, en lui faisant savoir qu’il n’a pas sa place au sein du
gouvernement Gizenga.

De ce qui précède, je pose une seule question à monsieur Nzanga Fangbi
Ngbangawe Mobutu : Cher petit frère, connais-tu la langue ngbandi ?

Dans ta langue, Ngbangawe signifie : « La cause est entendue ».

Vas-tu tirer les leçons de ces deux incidents, du moins ceux qui sont
connus
du public, ou vas-tu continuer à avaler d’autres couleuvres ?

Es-tu réellement devenu un nécessiteux, dix ans seulement après la
disparition de ton illustre père, au point de brader tout le capital de
sympathie dont tu disposais, non pas intuitu personae comme tes
flatteurs te
l’ont laissé croire, mais du fait de l’illustre nom que tu portes ?
Vas-tu
enfin te décider de prouver en démissionnant, que tu mérites réellement
ce
nom-là ?

Saches-le : Kabila te punit pour avoir « osé » user de ta clause de
conscience, en séchant « son » défilé du 17 mai 2007. Il te punit parce
que
ton absence a été remarquée et un journal a même osé titrer que tu t’es
démarqué de Kabila. Or si tu as désapprouvé l’organisation de ce
défilé,
c’est que ta désapprobation ne peut porter que sur une question de fond
à
savoir : la nécessité ou non de continuer à fêter des événements
devenus
anachroniques au regard de la marche de l’histoire. Il me semble qu’il
s’agit là d’une décision sage de ta part. Mais comme je dois te
rappeler que
la fracture socio-politique et géopolitique n’est pas résorbée et que
tes «
partenaires » actuels font preuve manque de volonté allant dans le sens
souhaité par la majorité des Congolais, il te reste une décision sensée
à
prendre : démissionner de ce gouvernement pour concrétiser ta décision
de te
démarquer de Kabila. En agissant de la sorte, tu feras preuve de
grandeur et
d’élévation digne d’un Mobutu. Et le peuple t’en sauras gré ,en
adhérant
plus massivement à ton UDEMO.

En revanche , si tu te complais dans les délices de Capoue, tu ne t’en
prendras qu’à toi même, car le rouleau compresseur de Kabila et
compagnie
finira par te broyer. Impitoyablement.

Et en refusant de démissionner, tu auras apporté la preuve de ta
traîtrise,
de ton parricide à titre posthume et de ta collusion avec ceux qui
vendent
les morceaux du Congo par brassées entières.

Mobutu est synonyme d’unité nationale, d’intégrité territoriale du
Congo, de
nationalisme, et de l’amour de la patrie, etc.

Je souhaites vivement que tu donnes un contenu réel au mot
"inadmissible"
que tu as répété une dizaine de fois sur MOLIERE TV : DEMISSIONNES !

Toute la Nation a les yeux tournés vers toi.

Bien patriotiquement,

 

Thomas Mbembele Président du GRARC