Menu
Retour
Imprimer cet article
Fini le partage politique des entreprises publiques !

11/06/2007

Selon la ministre du Portefeuille, Jeannine Mabunda, les politiciens n’auront plus à se partager les entreprises publiques comme ce fut le cas pendant la transition 1+4. Tous ceux qui aspirent à devenir membres des Comités de gestion n’ont qu’à déposer leurs dossiers de candidature. Des firmes internationales, dont la liste sera publiée dans les prochains jours, ont déjà été sélectionnées pour procéder au tri de meilleurs candidats.
La réforme des entreprises publiques décidée par le Gouvernement débute par la mise en place des mandataires. Pour ce faire, des Appels à candidature définissant les profils des postes seront incessamment publiés par voie de presse et sur Internet. Tous ceux qui disposent des compétences requises pour gérer autrement les entreprises publiques n’ont qu’à se jeter à l’eau sans attendre. C’est ce qui ressort du point de presse animé par Madame Jeannine Mabunda Lioko, Ministre du Portefeuille, le samedi 09 juin 2007 à Faden House à la Gombe. Madame la Ministre a éclairé l’opinion sur la procédure de sélection de nouveaux mandataires. Une sélection qui s’inscrit dans la droite ligne de la nouvelle vision économique et politique du Gouvernement. L’objectif poursuivi est de mettre fin à la spoliation et à la politisation des entreprises publiques.
Fini le partage du gâteau entre politiciens !
Le partage équitable et équilibré du gâteau, à la mode sous la dernière transition, ne sera plus d’application. Jeannine Mabunda a été très claire là-dessus. « On ne va plus faire de choix qui n’a pour critère que la seule appartenance à un parti politique... Je pense qu’il ne sera plus question de désigner d’autorité, de façon délibérée sans lien direct avec l’objet social de l’entreprise, des mandataires sur une base exclusivement politique », a-t-elle averti.
Mais comment se convaincre de la bonne foi de la ministre du Portefeuille quand on sait qu’elle est issue du PPRD ? Comment se rassurer que son parti ne pas s’attribuer tout le morceau sous prétexte de dépolitiser la gestion des entreprises publiques ? Comment, enfin, s’assurer que les alliances électorales, conclues sur base d’une prochaine redistribution des cartes, qui ont permis à l’AMP de pousser l’UN à la marginalisation survivront-elles ?
Face à toutes inquiétudes, Jeannine Mabunda s’est voulue rassurante. « Je tiens aussi à rassurer tout le monde. J’appartiens à un Gouvernement de coalition. Je suis effectivement du PPRD. Quand je parle de la dépolitisation des entreprises publiques, cela ne signifie pas que toutes les organisations sont bourrées de gens imbéciles, des incultes, malhonnêtes, des gens sans compétence ».
Evoluant dans ses explications, la ministre a affirmé vouloir faire confiance aux partis politiques de la coalition qui devraient relayer la nouvelle à leurs cadres. « Nous voulons éviter que la gestion des entreprises se transforme en une grande loterie, une grande récompense avec une conséquence malsaine au niveau des résultats ». Les entreprises publiques, la dame, ne sont publiques que quand elles profitent à la collectivité.
Vite les dossiers de candidature
Que veut le Gouvernement avec ce changement qui risque de bouleverser les équilibres ? Une seule réponse : on veut modifier le mode de gestion. De l’avis de la ministre, pour gérer, il faudra désormais avoir des capacités de gestionnaire. Parce qu’en définitive, les entreprises publiques doivent être performantes. Et pour être performantes, elles doivent avoir des mandataires qui les sont sur base des critères techniques objectifs. C’est ainsi, a annoncé la ministre, que très prochainement, des appels à candidature seront publiés par voie de presse et sur l’Internet pour la mise à disposition des compétences requises.
Ces appels à candidature définiront les profils des postes.
‘‘On suppose donc que quelqu’un qui veut postuler pour être Administrateur Directeur Financier a l’expérience exigée en la matière. « Une expérience de 5, 10 ou 15 ans suivant le profil des postes à pourvoir ».
La ministre reconnaît tout de même que la technique a des limites. « Pour asseoir une vision économique, il faut une forte volonté politique. Et la volonté politique s’est exprimée plusieurs fois par la bouche du Président de la République, du Premier ministre et de la ministre du Portefeuille ».
Des firmes spécialisées impliquées dans le recrutement
Après l’annonce des appels à candidature, viendra le dépôt des candidatures, puis interviendra le tri par des organes indépendants. Dans la pratique, les dossiers ne seront pas déposés au Portefeuille. Des firmes spécialisées dans le recrutement ont été sélectionnées pour faire le premier tri. Viendra ensuite l’évaluation des capacités signalées par le postulant dans son CV.
L’expertise extérieure sera également mise à profit
Outre le processus de sélection des membres des Comités de gestion, le ministère du Portefeuille mettra à profit toutes les expertises disponibles. Les expertises étrangères sont les bienvenues dans les domaines où le Congo en souffre. Notamment, l’électricité, l’eau, les transports, les aéroports, les voies ferrées, etc. Au Portefeuille, on estime que pour ces domaines qui font trop de mal aux Congolais, il n’y a pas d’autres choix que d’appliquer des mesures courageuses.
‘‘Si nous n’avons pas encore toute la technologie dans ces secteurs là, faisons-le dans le cadre d’un contrat de gestion’’.

La Prospérité