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Nord-Kivu : Nkunda... met en place sa propre administration

28/06/2007

La situation est "tendue" au Nord-Kivu, province de l'est de la République démocratique du Congo (RDC), où les populations civiles sont victimes presque quotidiennement d'attaques de rebelles étrangers ou de militaires congolais, a déploré l'ONU mercredi.

La Mission de l'ONU en RDC (Monuc) a relevé une recrudescence des attaques sur les routes et dans des villages du territoire de Rutshuru, au nord de la capitale provinciale Goma, a indiqué son porte-parole, Kemal Saïki, au cours d'un point presse à Kinshasa.

Lundi, deux véhicules de l'ONG internationale Solidarités qui circulaient dans ce territoire ont été attaqués par "des hommes armés et portant uniforme", sans faire de blessés, a-t-il indiqué.

Dans les localités de Kisharo, Nyamilima et Ishasha, à plus de 80 km au nord de Goma, la Monuc "a constaté que des attaques quasi-quotidiennes étaient commises à l'encontre des civils, soit de la part des FDLR (rebelles hutus rwandais), soit de la part des soldats des brigades mixées déployées dans la région", entraînant des déplacements de populations.

La situation est très tendue au Nord-Kivu depuis le déploiement entre janvier et mars de nouvelles brigades dites "mixées", constituées pour moitié d'ex-soldats insurgés fidèles au général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda.

Depuis le début du "mixage", entamé à la suite d'un accord entre les autorités de Kinshasa et M. Nkunda, pourtant visé par un mandat d'arrêt international pour crimes de guerre, les violences contre les civils ont décuplé.

Les Nations unies estiment désormais à plus de 130.000 le nombre de personnes jetées depuis janvier sur les routes de cette province, qui compte au total plus de 600.000 déplacés internes.

A Goma, la Monuc a relevé lundi à 4 son niveau d'alerte sur une échelle allant de 1 à 5. Cette mesure contraint ses personnels à limiter tout déplacement non-nécessaire, à se déplacer par deux au minimum, dans une situation considérée comme à risque élevé au plan sécuritaire.

La Monuc s'inquiète notamment des "manoeuvres du CNPD (Congrès national pour la défense du peuple), la structure politique du général déchu Nkunda, qui pousse les autorités civiles à fermer les camps de déplacés (...), impose des taxes aux populations et met en place sa propre administration".

"Les humanitaires impliqués dans la protection ont pour l'instant décidé de suspendre leurs activités dans les zones contrôlées par les troupes du général dissident Nkunda, en raison de la détérioration des conditions de sécurité", a indiqué M. Saïki.

Par ailleurs, des affrontements sont encore signalés dans le nord de la province entre des groupes de miliciens locaux Maï Maï rivaux, dont certains tentent de constituer une coalition contre les troupes de Nkunda, selon des sources sécuritaires et humanitaires.

Le Monde